Quelques expositions
"Peindre est pour Robert BOURASSEAU une façon de vivre, de respirer, d'exister.

C'est son langage, ce qui prend le relai de la parole, ce qui rend possible la démystification des leurres. Peindre est vraiment sa réalité. Il sait ce dont il parle quand il fait cette affirmation puisqu'il connaît l'impact des faux semblants, le piège de ce qui est inventé dans la publicité.

L'artiste est un artisan. Avant de faire exister l'oeuvre, il faut rassembler les outils. Préparer les châssis, tendre la toile, l'installer, procèdent d'une gestuelle minutieuse et indispensable. La main et le corps travaillent et s'accordent à préparer la jubilation de l'expression.

L'automatisme des gestes, la répétition et l'acharnement à s'exercer aux glacis, à "écouter" la matière laissent parfois la place au hasard et à la capture d'accidents de surface intéressants. Il ne s'agit pas de garder des dégoulinures incontrôlées mais d'accepter la liberté et d'en jouer."
"Dans un format qui convient à sa taille, il résout des problèmes plastiques et accorde son corps à son idée.

Une sorte d'harmonie s'installe entre l'un et l'autre.

En pleine évolution, Robert BOURASSEAU recherche comment capter la lumière, comment faire sentir les énergies de l'air et de la pluie, comment donner à voir la féminité, celle qui décide de la reconduction des temps, comment dire la vie par des moyens de matière, comment signifier le dynamisme, la profondeur, comment répartir l'ombre et les éclairages.

Figurer n'est qu'un prétexte puisqu'il lui arrive d'utiliser un miroir pour regarder autrement. Ce qui importe donc, dans cette peinture, est de l'ordre de l'émotion et de l'emblématique.

BOURASSEAU trouve l'inspiration dans une palpitation de l'espace et des chairs. Il avance dans le jeu des apparences et exploite les éléments spécifiques pour une sorte de dire rituellique. Cette façon qu'il a de répéter un thème, de le reprendre et de l'épuiser relève des règles du sacré.

Chaque tableau serait la pièce d'une image du monde, le fragment d'un puzzle mais fini, jamais vraiment appréhendé dans sa totalité. Peinture de silence, sensuelle et grave en même temps muette encore, comme le certifient les silhouettes qui tournent le dos à notre regard ou les portraits indéfinis. A l'affût du devenir de la toile, Bourasseau plonge dans l'inconscient profond des formes et des couleurs."

Héliane BERNARD. Historienne, critique d'art
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